Une chaîne fragilisée

Cette semaine, nous avons appris la fermeture d’une librairie indépendante près de chez nous.

Une fermeture de librairie n’est jamais une bonne nouvelle.

Parce qu’une librairie qui ferme, c’est un lieu de découverte qui disparaît. Des auteurs qui perdent une vitrine. Une ville qui s’appauvrit un peu culturellement.

Et cette annonce arrive dans un contexte qui interroge.
Ces derniers mois, nous avons vu des enseignes historiques confrontées à des difficultés majeures. Nous avons entendu parler de redressements judiciaires. Nous avons vu émerger l’affaire Grasset, qui a soulevé de nombreuses questions sur les équilibres économiques de notre secteur.

Rien de tout cela n’est anodin.

On parle souvent de la « chaîne du livre » comme d’une évidence. Pourtant, une chaîne n’est jamais plus solide que son maillon le plus fragile.

Auteurs, illustrateurs, éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants, collectivités, lecteurs : nous faisons tous partie du même écosystème.

Et si nous voulons préserver la diversité des livres, des maisons d’édition, des librairies et des voix qui les portent, nous devons accepter de nous poser quelques questions.

Quels livres choisissons-nous de mettre en avant ?
Quels catalogues soutenons-nous ?
Quels modèles économiques encourageons-nous par nos achats ?
Où décidons-nous d’acheter nos livres ?

Chaque choix compte.
Non pas pour sauver telle ou telle librairie. Mais parce que chacun de nos choix dessine le paysage du livre de demain.

Je ne crois pas qu’un seul maillon puisse porter toute la responsabilité de la situation actuelle. En revanche, je crois sincèrement que chaque maillon peut agir à son échelle.

Et que la solidarité n’est pas une option lorsque l’on fait partie d’une même chaîne.

❤️ La chaîne du livre c’est nous tous.