De prof à libraire

Il y a 25 ans, j’obtenais le concours pour devenir prof… C’est sur Minitel que j’avais eu les résultats… (Hello les dinos 🦕👋)
Aujourd’hui, je suis heureuse de recevoir l’autorisation de quitter l’Éducation nationale…

Quand j’ai annoncé que je voulais ouvrir une librairie, beaucoup de personnes ont essayé de me dissuader. En fait, j’ai bien trop de doigts sur une main pour compter les personnes qui ont cru en ce projet.
Je comprends que ça pouvait sembler déraisonnable…
J’avais un emploi stable.
Un salaire garanti.
Des vacances.
Une carrière toute tracée.
Pour une maman solo de 2 enfants, je conçois que ce n’était pas la reconversion la plus « safe ».

Ouvrir une librairie indépendante en 2023 pouvait sembler, au mieux, audacieux. Au pire, complètement stupide.
On m’a beaucoup répété pourquoi je devrais rester :
Par sécurité.
Par prudence.
Pour les enfants.
Parce qu’il fallait être réaliste.
On me disait surtout que pour mes filles c’était idéal, en particulier pour les vacances. Je trouve très étrange l’argument qui consiste à dire qu’il faut continuer un métier parce qu’il y a beaucoup de moments où… on ne l’exerce pas !

Et pourtant…
Je me posais une autre question. Justement pour mes enfants.
Quel exemple étais-je en train de leur donner ?
Celui d’une mère qui part au travail en traînant des pieds ? Qui rentre épuisée d’un métier qui ne lui correspond plus ?
Qui reste parce qu’elle a peur de partir ?

Je ne regrette pas d’avoir été enseignante. J’ai aimé ce métier. Il m’a apporté beaucoup et m’a permis de vivre sur d’autres continents. Mais je n’aurais pas pu faire 20 ans de plus.
J’avais perdu l’envie. L’énergie.
Et parfois même le sens.

Ce courrier ne célèbre pas une démission. Il célèbre une décision.
La décision de construire une vie qui me ressemble davantage.
Et malgré les inquiétudes, les doutes et quelques nuits presque blanches… Je crois que c’est l’une des meilleures décisions que j’ai prises.